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L'Union européenne prépare des quotas d'importation pour bloquer les voitures hybrides chinoises

Par · 3 min de lecture

L'Union européenne prépare des quotas d'importation pour bloquer les voitures hybrides chinoises

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Sommaire
  1. Bruxelles sort l'artillerie lourde contre les hybrides chinois
  2. L'explosion des ventes d'hybrides chinois en Europe
  3. Un système de quotas à l'étude
  4. L'instrument de sauvegarde européen comme arme rapide
  5. Pékin refuse toute restriction volontaire
  6. Des négociations cruciales à Pékin
  7. Le modèle japonais comme inspiration ?
  8. Un enjeu climatique paradoxal

Bruxelles sort l'artillerie lourde contre les hybrides chinois

Deux ans après avoir imposé des droits de douane pouvant atteindre 35,3% sur les voitures électriques chinoises, l'Union européenne s'apprête à frapper un nouveau coup. Cette fois, ce sont les véhicules hybrides en provenance de Chine qui se retrouvent dans le viseur de Bruxelles, selon des informations rapportées par Bloomberg.

La Commission européenne préparerait actuellement des mesures restrictives visant à limiter l'importation de ces véhicules, qui combinent motorisation thermique et électrique. Une réaction face à une stratégie de contournement qui a pris une ampleur considérable ces derniers mois.

L'explosion des ventes d'hybrides chinois en Europe

Les chiffres parlent d'eux-mêmes : les importations d'hybrides chinois sont passées de 3 800 véhicules en octobre 2024 – moment de l'entrée en vigueur des surtaxes sur les électriques – à environ 50 000 unités en juillet 2026. Une multiplication par treize en moins de deux ans qui alarme les autorités européennes.

BYD mène la charge avec ses hybrides rechargeables, et notamment son Seal U DM-i qui rencontre un succès retentissant. Rien qu'en Allemagne, ce SUV hybride rechargeable affiche 11 291 nouvelles immatriculations entre janvier et septembre, le positionnant parmi les modèles les plus populaires de sa catégorie.

MG Motor, autre acteur chinois majeur, diversifie quant à lui son offensive avec des hybrides classiques et rechargeables. Ces deux constructeurs profitent pleinement d'une faille réglementaire : alors que les électriques subissent des taxes prohibitives, les hybrides ne sont soumis qu'aux droits de douane classiques de 10%.

Un système de quotas à l'étude

Contrairement à l'approche adoptée pour les véhicules électriques, Bruxelles ne prévoit pas d'imposer une surtaxe uniforme sur chaque hybride importé. L'exécutif européen envisagerait plutôt un mécanisme de quotas, similaire à celui mis en place par le Canada pour les voitures électriques chinoises.

Le principe serait le suivant :

  • Un volume d'importation défini pourrait continuer à bénéficier du tarif douanier standard de 10%
  • Au-delà de ce quota, une surtaxe additionnelle s'appliquerait sur chaque véhicule supplémentaire
  • Le montant de cette taxe supplémentaire reste à déterminer

L'instrument de sauvegarde européen comme arme rapide

Pour mettre en œuvre ces restrictions, la Commission européenne s'appuierait sur l'instrument de sauvegarde de l'UE. Ce dispositif permet d'agir rapidement en cas d'afflux soudain d'importations menaçant gravement les producteurs européens.

L'avantage majeur : une mise en œuvre beaucoup plus rapide qu'une enquête anti-subventions comme celle qui a précédé les taxes sur les électriques. Cette dernière avait nécessité plusieurs mois d'investigation pour déterminer les subventions accordées par Pékin aux constructeurs chinois.

Toutefois, contrairement aux droits anti-subventions modulés selon les fabricants, les mesures de sauvegarde s'appliquent généralement à tous les pays tiers, pas uniquement à la Chine.

Pékin refuse toute restriction volontaire

Selon plusieurs sources médiatiques, l'Union européenne avait demandé il y a quelques semaines à la Chine de limiter volontairement ses exportations d'hybrides vers l'Europe. La réponse de Pékin a été sans ambiguïté : un refus catégorique.

Le ministère chinois du Commerce a déclaré que "les soi-disant restrictions volontaires à l'exportation violent gravement les règles de l'OMC et vont à l'encontre des principes du marché et de la concurrence équitable". Pékin rejette fermement l'utilisation de tels instruments pour résoudre les différends commerciaux automobiles.

Des négociations cruciales à Pékin

Le commissaire européen au Commerce, Maroš Šefčovič, se trouve actuellement à Pékin pour des discussions avec le ministre chinois du Commerce, Wang Wentao. Ces entretiens, qui se déroulent jeudi et vendredi, pourraient influencer significativement les plans de Bruxelles.

Selon Bernd Lange, président de la commission du commerce international du Parlement européen, l'objectif est clair : "Aplatir la courbe des importations et donner du temps à l'industrie automobile européenne pour faire ses devoirs."

Le modèle japonais comme inspiration ?

Un accord historique pourrait servir de référence. Il y a environ quarante ans, l'Europe avait conclu un arrangement avec le Japon : Tokyo limitait les exportations de son industrie automobile naissante, mais en contrepartie, Toyota, Nissan et Honda construisaient des usines sur le sol européen.

Ce scénario se dessine déjà pour les constructeurs chinois :

  • BYD lancera cette année la production en série dans sa nouvelle usine de Szeged, en Hongrie
  • Chery produit aux côtés d'Ebro à Barcelone
  • Xpeng assemble déjà des voitures électriques chez Magna Steyr à Graz, en Autriche

Cette implantation locale créerait non seulement des emplois dans les usines elles-mêmes, mais également chez les équipementiers européens.

Un enjeu climatique paradoxal

L'afflux d'hybrides pose un dilemme pour les autorités européennes. Si les surtaxes sur les électriques freinent l'importation de véhicules localement zéro émission, elles favorisent indirectement les hybrides qui, eux, émettent bel et bien du CO2.

Cette situation va à l'encontre des objectifs climatiques de l'Union européenne, qui vise à réduire drastiquement les émissions du secteur automobile. Un argument supplémentaire pour justifier les restrictions envisagées sur ces véhicules à double motorisation.

Questions fréquentes

Pourquoi l'UE veut-elle limiter les importations d'hybrides chinois ?

Les constructeurs chinois comme BYD et MG se sont massivement tournés vers les hybrides pour contourner les surtaxes de 35,3% imposées aux voitures électriques depuis 2024. Cette stratégie de contournement nuit aux objectifs climatiques européens et menace l'industrie automobile locale.

Comment fonctionneront ces nouvelles restrictions ?

Contrairement aux taxes sur les électriques, Bruxelles envisage un système de quotas. Un certain nombre d'hybrides pourrait être importé à 10% de droits, mais au-delà de ce quota, une surtaxe supplémentaire s'appliquerait à chaque véhicule.

Quels modèles chinois sont concernés en Europe ?

Les hybrides rechargeables de BYD comme le Seal U DM-i sont particulièrement visés, ainsi que les hybrides classiques et rechargeables de MG Motor. Ces deux marques dominent les ventes d'hybrides chinois sur le marché européen.

La Chine accepte-t-elle de limiter ses exportations ?

Non, le ministère chinois du Commerce a refusé catégoriquement toute restriction volontaire, estimant que cela violerait les règles de l'OMC et les principes de concurrence équitable. Des négociations sont en cours cette semaine à Pékin.

Quand ces mesures pourraient-elles entrer en vigueur ?

Un instrument de sauvegarde européen permet une mise en œuvre rapide, contrairement à l'enquête anti-subventions qui a pris des mois pour les électriques. Une décision pourrait intervenir dans les semaines suivant les négociations sino-européennes en cours.

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