Honda va lancer un pick-up robuste… fabriqué par Mitsubishi
Par Laurence Jardin · 3 min de lecture

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Honda s'apprête à bouleverser sa stratégie produit avec une annonce surprenante : le constructeur japonais prévoit d'ajouter un authentique pick-up à châssis échelle à sa gamme mondiale, mais sans le développer lui-même. C'est Mitsubishi qui se chargera de la production.
Un pick-up Mitsubishi aux couleurs Honda dès 2028
Selon un rapport du prestigieux quotidien japonais Yomiuri Shimbun, Honda envisage de commercialiser une version rebadgée du Mitsubishi Triton à partir de 2028. Cette initiative marquerait le premier résultat concret des négociations de coopération en cours entre les deux constructeurs nippons.
Le lancement commercial débuterait en Asie du Sud-Est, région où les pick-up constituent des outils de travail essentiels plutôt que de simples accessoires lifestyle. Une expansion vers d'autres marchés, potentiellement européens, pourrait suivre dans un second temps. Pour l'heure, ni Honda ni Mitsubishi n'ont officiellement confirmé cet accord.
Le Triton, un choix stratégique cohérent
Le Mitsubishi Triton, également commercialisé sous l'appellation L200 sur certains marchés, représente un choix judicieux pour Honda. Ce pick-up s'appuie sur un robuste châssis échelle conçu pour affronter les conditions les plus exigeantes, une architecture indispensable pour les marchés où ces véhicules servent principalement d'utilitaires.
Pour Honda, emprunter un modèle déjà éprouvé permet d'économiser considérablement en temps et en investissement par rapport au développement d'un pick-up entièrement nouveau. Cette stratégie pragmatique ouvre à la marque un segment de marché qu'elle ne pouvait atteindre avec ses modèles actuels.
Un positionnement différent du Ridgeline américain
Honda commercialise déjà le Ridgeline en Amérique du Nord, mais ce modèle adopte une philosophie radicalement différente. Contrairement au Triton, le Ridgeline utilise une construction monocoque partagée avec des véhicules de tourisme, privilégiant le confort et la polyvalence quotidienne au détriment de la formule traditionnelle à châssis séparé.
Une troisième génération du Ridgeline est en préparation, mais elle ne devrait pas adopter un châssis échelle. Le pick-up basé sur le Mitsubishi permettrait donc à Honda d'investir un segment totalement distinct avec un effort d'ingénierie minimal.
Un partenariat gagnant-gagnant
Pour Mitsubishi, cet arrangement offre une opportunité supplémentaire d'optimiser la production de son usine thaïlandaise où le Triton est assemblé. Fournir un second constructeur – en réalité un troisième, puisque Mitsubishi produit déjà le Navara pour Nissan – améliorerait le taux d'utilisation de l'usine tout en répartissant les coûts de développement et de fabrication sur un plus grand volume.
Du côté de Honda, l'avantage est évident : accéder à un pick-up éprouvé sans supporter les dépenses considérables d'un développement complet.
Une collaboration qui pourrait s'étendre
Le partenariat ne s'arrêterait pas aux seuls pick-up. Selon les mêmes sources, Honda manifesterait son intérêt pour d'autres modèles Mitsubishi, bien qu'aucun véhicule spécifique n'ait été identifié publiquement. Les deux constructeurs envisageraient également de codévelopper certains composants d'habitacle, notamment les combinés d'instruments et les écrans d'infodivertissement.
Cette initiative s'inscrit dans un effort plus large de renforcement des liens entre Honda, Nissan et Mitsubishi Motors. Bien que Honda et Nissan aient mis fin à leurs discussions de fusion en février 2025, les deux entreprises continuent d'explorer des pistes de collaboration. Elles se sont notamment entendues pour travailler ensemble sur les composants essentiels des futurs véhicules à architecture logicielle.
Le badge engineering, une pratique établie
Le badge engineering – pratique consistant à vendre le même véhicule sous différentes marques – n'a rien de nouveau dans l'industrie automobile. Si ce projet Honda se concrétise, le même pick-up fondamental pourrait arborer trois badges distincts selon les marchés : Mitsubishi Triton ou L200, Nissan Navara, et bientôt une version Honda.
De nombreuses questions restent en suspens : quelle dénomination Honda choisira-t-elle pour ce nouveau modèle ? Recevra-t-il des modifications stylistiques au-delà des badges ? Quels marchés seront desservis après l'Asie du Sud-Est ?
Des modifications essentiellement cosmétiques
Il ne faut pas s'attendre à un pick-up entièrement nouveau. Si les informations se confirment, il s'agira d'un Mitsubishi de bout en bout, Honda se contentant d'apposer sa propre signature sur le produit fini. Les différences principales concerneront probablement le design avant et arrière, les badges, les équipements et les matériaux intérieurs. Toute modification mécanique majeure engendrerait des coûts significatifs, ce qui semble peu probable dans cette configuration.
Comme le démontre cette stratégie, parfois le moyen le plus rapide d'élargir sa gamme consiste à s'appuyer sur l'expertise d'un partenaire plutôt que de tout réinventer. Une approche pragmatique qui pourrait bien porter ses fruits pour Honda sur des marchés où la marque reste discrète dans le segment des pick-up professionnels.
Questions fréquentes
Pourquoi Honda ne développe-t-il pas son propre pick-up ?
Utiliser un modèle existant de Mitsubishi permet à Honda d'économiser considérablement en coûts et en temps de développement. Le constructeur peut ainsi entrer rapidement sur le marché des pick-up robustes sans investissement majeur.
Quelle est la différence entre ce futur pick-up et le Honda Ridgeline ?
Le Ridgeline vendu en Amérique du Nord utilise une construction monocoque privilégiant le confort. Le futur modèle basé sur le Triton disposera d'un châssis échelle séparé, typique des vrais pick-up de travail.
Le même pick-up sera-t-il vendu sous plusieurs marques ?
Oui, ce véhicule pourrait porter trois badges différents selon les marchés : Mitsubishi Triton/L200, Nissan Navara, et bientôt Honda. Cette pratique de badge engineering est courante dans l'industrie automobile.
Quelles modifications Honda apportera-t-il au Triton ?
Les changements devraient se limiter au design avant et arrière, aux badges, aux équipements et aux matériaux intérieurs. Des modifications mécaniques importantes seraient trop coûteuses.
Ce partenariat concernera-t-il d'autres véhicules ?
Selon les informations disponibles, Honda envisage d'élargir cette collaboration à d'autres modèles Mitsubishi et de codévelopper certains composants d'habitacle comme les écrans et tableaux de bord.



