Le marché des pick-up diesel connaît une nouvelle dynamique avec l'arrivée de constructeurs chinois décidés à bousculer les références établies. Face au vénérable Toyota Hilux, désormais dans sa huitième génération, le Maxus T60 Max 4WD du groupe SAIC se positionne comme une alternative ambitieuse qui mérite une analyse approfondie.
Deux philosophies diamétralement opposées
Le contraste entre ces deux véhicules commence par leur histoire. Le Toyota Hilux, icône incontestée depuis 1968, continue sa production en Afrique du Sud avec une réputation de fiabilité légendaire. De son côté, le Maxus T60 Max représente la vision moderne du groupe SAIC, également propriétaire de MG, et se distingue comme l'unique proposition diesel parmi les trois pick-ups de la marque commercialisés en Europe, les deux autres étant électriques.
Pour cette confrontation, nous avons sélectionné la version GR Sport du Hilux, ultime déclinaison de la série avant son remplacement imminent. Cette variante sportive affiche une voie élargie de 135 mm à l'avant et 155 mm à l'arrière, promettant théoriquement une meilleure dynamique de conduite.
À bord : tradition contre modernité digitale
L'habitacle du Maxus T60 surprend par son approche résolument contemporaine, presque inspirée des véhicules électriques. Deux écrans de 12,3 pouces dominent la planche de bord, conférant une impression de modernité. Cependant, cette digitalisation présente des limites : l'absence de commutateur d'éclairage conventionnel oblige à passer par l'écran central, et certaines fonctionnalités essentielles manquent à l'appel, comme le système de navigation intégré, la reconnaissance des panneaux de signalisation ou encore la commande vocale.
Un défaut notable du T60 concerne l'affichage de la vitesse, relégué dans le coin supérieur gauche de l'écran conducteur, souvent masqé par le volant selon la position de conduite adoptée.
Le Toyota mise sur l'éprouvé
L'environnement intérieur du Hilux assume sans complexe son caractère utilitaire avec une profusion de plastiques durs et un écran de navigation modeste de huit pouces. La disposition des commandes semble figée dans les années 2000, avec des boutons dispersés de manière parfois déroutante. Néanmoins, l'instrumentation analogique à cadrans ronds demeure d'une lisibilité exemplaire et d'un charme indéniable.
Confort et ergonomie : avantages partagés
Les sièges avant du Hilux offrent un meilleur maintien et une position de conduite favorisant la visibilité. Le T60 propose une assise typique du segment, en cuir synthétique, acceptable mais dépourvue de soutien lombaire ajustable.
Le Maxus prend sa revanche à l'arrière où les passagers bénéficient d'un confort nettement supérieur grâce à un dossier moins vertical. Les places arrière du Toyota trahissent l'âge du modèle : assise basse et dossier très droit créent une position peu engageante pour les longs trajets.
Capacités de chargement
La benne du Maxus bénéficie d'un revêtement de série à l'aspect robuste. Si la largeur utile égale celle du Hilux, la longueur se révèle légèrement inférieure. La charge utile constitue un point fort du chinois avec plus d'une tonne, contre près d'une tonne pour le japonais.
Performances mécaniques : caractères bien tranchés
Sous le capot, les approches divergent. Le Hilux embarque le robuste diesel de 2,8 litres emprunté au Land Cruiser, développant 204 chevaux et 500 Nm de couple. Ce moteur éprouvé ronronne paisiblement en toutes circonstances. Le Maxus répond avec un diesel deux litres de conception plus récente affichant 215 chevaux pour un couple équivalent de 500 Nm. À froid, ce bloc émet un cliquetis caractéristique qui s'atténue après montée en température.
Comportement routier différencié
Sur autoroute allemande sans limitation, le Maxus maintient une allure de 160 km/h sans bruits aérodynamiques excessifs. Au-delà, le confort acoustique se dégrade rapidement. La direction se montre floue et indirecte, tandis que l'aide au maintien dans la voie intervient de manière maladroite. Ces caractéristiques ne prédisposent pas ce véhicule aux longs voyages autoroutiers à vitesse élevée.
Malgré son châssis sportif élargi censé améliorer l'agilité, le Hilux GR Sport ne délivre pas davantage d'assurance en conduite dynamique. Les deux véhicules partagent les rebonds typiques des pick-ups sur les joints d'autoroute, conséquence inévitable de l'essieu arrière rigide à lames et de la charge utile généreuse. Le Maxus transmet toutefois moins de vibrations à l'habitacle.
Capacités tout-terrain : le véritable terrain de jeu
Hors des sentiers battus, le Maxus tire profit de sa garde au sol confortable de 215 mm. Le Toyota, avec 200 mm, souffre de sa carcasse de différentiel arrière qui limite la franchissement. Les angles d'attaque et de fuite s'avèrent comparables, mais l'angle ventral du Hilux se révèle supérieur (23 degrés contre 20), réduisant le risque de talonnage.
En utilisation tout-terrain, l'association du gros diesel Toyota et de sa transmission automatique six rapports, certes vétuste, facilite le dosage de la puissance. Les amortisseurs sportifs du GR Sport pénalisent légèrement l'articulation du Hilux, limitée à 208 mm, tandis que l'essieu rigide plus souple du Maxus atteint 220 mm de débattement.
Verdict : modernité accessible contre référence établie
Maxus T60 Max 4WD remporte cette confrontation avec un score de 7,2/10. Ses atouts principaux résident dans un positionnement tarifaire attractif, un système de transmission intégrale efficace, une consommation maîtrisée et un confort général supérieur, particulièrement aux places arrière. Les points d'amélioration concernent le moteur diesel sollicité et un système d'infodivertissement perfectible.
Toyota Hilux 2,8-l-D-4D GR Sport obtient 7/10. Il conserve les avantages d'une motorisation éprouvée et d'une excellente valeur résiduelle sur le marché de l'occasion. Cependant, son tarif élevé, l'inconfort des places arrière et un ensemble technique manifestement vieillissant pèsent dans la balance.
Cette comparaison démontre que les constructeurs chinois maîtrisent désormais les codes du segment des pick-ups diesel et proposent des alternatives crédibles aux références japonaises établies, même si ces dernières conservent l'avantage de décennies d'expérience et de fiabilité reconnue.