Le marché automobile européen accueille un nouveau challenger qui ne manque pas d'arguments : l'Omoda 9. Ce SUV hybride rechargeable chinois promet une fiche technique impressionnante pour un tarif qui défie toute concurrence. Mais cette proposition alléchante tient-elle vraiment ses promesses sur le terrain ?
Une fiche technique qui impressionne sur le papier
Pour 49 777 euros en finition complète, l'Omoda 9 affiche des caractéristiques qui feraient rougir bien des constructeurs premium. Avec ses 4,77 mètres de long, ce SUV embarque un système de propulsion hybride rechargeable particulièrement sophistiqué.
La configuration technique repose sur une architecture à quatre moteurs : un bloc essence 1.5 turbo de 143 chevaux en position frontale, accompagné de trois moteurs électriques. Deux unités électriques travaillent à l'avant aux côtés du thermique, tandis qu'un troisième moteur équipe le train arrière pour offrir une transmission intégrale. La puissance cumulée atteint un impressionnant 535 chevaux.
La batterie de 34,36 kWh permet d'envisager une autonomie 100% électrique de 145 km selon les données officielles. Une capacité généreuse pour un hybride rechargeable, qui se rapproche des premiers véhicules électriques commercialisés. Le système accepte la charge rapide jusqu'à 65 kW en courant continu et 6,6 kW en courant alternatif.
Un habitacle qui divise entre qualité perçue et ergonomie
L'intérieur tente de se démarquer du design générique observé chez certains concurrents asiatiques. Les trois commandes rotatives pour la climatisation apportent une touche distinctive, même si l'exécution reste perfectible. Le système bizone présente une limitation : seul le conducteur dispose d'un bouton dédié, le passager devant passer par l'écran tactile.
Le système d'infodivertissement représente le talon d'Achille de l'ensemble. L'interface souffre d'une navigation peu intuitive, particulièrement lors de l'utilisation d'Android Auto ou CarPlay. L'absence d'un raccourci direct vers le menu principal du véhicule multiplie les manipulations inutiles. Les menus de configuration, pourtant riches en options, affichent des intitulés tronqués qui compliquent la recherche des réglages souhaités.
Les assistances à la conduite génèrent également des irritations avec leurs alertes sonores répétitives. L'avertissement de dépassement de vitesse et les notifications de changement de limitation créent une symphonie de bips désagréable, sans possibilité de désactivation globale.
Points positifs néanmoins : l'affichage tête haute avec réalité augmentée impressionne, tout comme le système de navigation intégré qui se révèle efficace.
Espace généreux mais compromis sur le coffre
L'habitabilité constitue un atout majeur. Les places arrière offrent un volume exceptionnel avec possibilité de régler électriquement l'inclinaison des dossiers. La position assise reste confortable malgré une assise un peu basse qui limite légèrement le soutien des cuisses. Le rembourrage ferme convient aux longs trajets.
À l'avant, les sièges présentent une surface utile restreinte avec des contours latéraux qui empiètent sur l'espace disponible.
Le volume de coffre de 471 litres déçoit compte tenu des dimensions extérieures. Si cette capacité reste comparable à un Mercedes GLC (470 litres) ou un Mitsubishi Outlander (490-495 litres), elle pâlit face aux 570 litres du Mazda CX-60, pourtant plus compact de trois centimètres, ou aux 748 litres du Peugeot 5008. La batterie impacte principalement la hauteur, limitée à 36 cm, bien que la largeur (100 cm) et la profondeur (95 cm) restent correctes.
Performances réelles et comportement routier
Sur route, l'Omoda 9 privilégie la tranquillité plutôt que le dynamisme sportif. Le mode électrique se montre convaincant avec une autonomie réelle de 155 km mesurés, soit une consommation de 22,2 kWh/100 km. Un chiffre honorable pour un véhicule de 2 270 kg.
La consommation de carburant atteint 4,1 litres aux 100 km en conduite normale, loin des 1,7 l/100 km officiels mais tout à fait raisonnable dans l'usage quotidien.
Des accélérations brillantes dans un écrin confortable
Malgré ses 535 chevaux, le caractère reste accessible et familial. Les accélérations surviennent sans brutalité excessive, avec des chronos mesurés de 5,3 secondes pour le 0 à 100 km/h. Les reprises impressionnent davantage : 3,2 secondes de 60 à 100 km/h et 3,7 secondes de 80 à 120 km/h.
La direction très assistée manque de communication, même en mode Sport. La précision en virage ne rivalise pas avec un Volkswagen Tayron, mais reste dans la moyenne de la catégorie. Le comportement général évoque celui d'un Hyundai Santa Fe : confortable sur autoroute, un peu rouleur dans les enchaînements de courbes rapides.
Bonne surprise côté freinage : 35,2 mètres pour un arrêt de 100 à 0 km/h constitue une excellente performance, probablement facilitée par les Michelin ePremacy en 255/50 R20.
Le verdict : un rapport équipement-prix imbattable à affiner
L'Omoda 9 représente une proposition cohérente qui mise sur l'équipement pléthorique et un tarif attractif. Les quelques défauts identifiés concernent principalement l'ergonomie logicielle et le ressenti de conduite, deux aspects perfectibles lors d'évolutions futures.
Pour les acheteurs recherchant un SUV familial spacieux, hybride rechargeable et richement équipé sans exploser leur budget, cette proposition mérite une attention sérieuse. À condition d'accepter quelques compromis sur la finesse d'utilisation et le plaisir de conduite pur.