Le pilote français Isack Hadjar enchaîne les absences en Formule 1. Après avoir manqué le Grand Prix des Pays-Bas, le jeune espoir de Red Bull Racing ne sera pas non plus au départ du GP d'Italie ce week-end à Monza. Une décision mûrement réfléchie, prise notamment grâce aux précieux conseils de la légende du MotoGP Marc Márquez.
Une fracture du poignet qui compromet la saison d'Hadjar
Le calvaire d'Isack Hadjar a commencé durant les vacances d'été. Le Français s'est fracturé le poignet, une blessure apparemment anodine qui se révèle finalement plus contraignante que prévu. À 21 ans, le pilote vit une première dans sa carrière : jamais depuis ses débuts en karting à l'âge de 7 ans, il n'avait manqué une course pour raison médicale.
Red Bull a officialisé son forfait pour Monza dans un communiqué sobre mais significatif : "Liam Lawson courra aux côtés de Max Verstappen lors du Grand Prix d'Italie, tandis qu'Isack poursuit sa rééducation encourageante suite à sa blessure au poignet. L'équipe suit de près sa réhabilitation et ne prendra aucun risque inutile concernant son retour en compétition."
Le choix difficile de renoncer pour mieux revenir
Pour un compétiteur dans l'âme comme Hadjar, accepter de rester sur la touche représente un déchirement. "C'est vraiment difficile de manquer une course", confiait-il après son absence à Zandvoort. "C'est étrange de ne pas participer, de vivre ça de l'extérieur." Le jeune Français, qui avait brillamment décroché un podium avec Racing Bulls lors de sa première saison avant d'être promu chez Red Bull, voyait sa progression brutalement interrompue.
Marc Márquez, le mentor inattendu
Face à ce dilemme cornélien entre l'envie de courir et la prudence médicale, Isack Hadjar s'est tourné vers une figure emblématique du sport mécanique : Marc Márquez. Le nonuple champion du monde de MotoGP, véritable encyclopédie vivante des blessures en sports mécaniques, partage le même kinésithérapeute que le pilote français.
"J'ai échangé des messages vocaux avec lui", révèle Hadjar. "J'ai son contact et il m'a dit que s'il y avait un pilote qui connaissait les blessures, c'était bien lui. J'ai reçu beaucoup de rapports médicaux, mais je voulais parler de pilote à pilote, avoir les sensations de quelqu'un qui avait déjà vécu ça."
La philosophie Márquez : une carrière se construit sur le long terme
Le conseil de l'Espagnol a été limpide et sans appel. "J'ai appris par le passé que manquer une course ne va pas changer ta vie", explique Márquez. "Mais aggraver une blessure parce que tu reviens piloter trop tôt, ça oui, ça peut changer ta vie. Ma vie a beaucoup changé depuis la blessure de Jerez."
Le champion espagnol sait de quoi il parle. Ses multiples opérations du bras après sa chute de 2020 ont failli mettre fin prématurément à sa carrière. Une leçon qu'il n'hésite pas à transmettre : "Parfois, pour un pilote, c'est très difficile d'accepter de manquer une course. On se dit qu'on peut peut-être y arriver, mais il faut savoir accepter de la manquer et de mieux se préparer pour la suivante."
Lawson en roue de secours, Hadjar incertain pour Madrid
Liam Lawson endosse donc à nouveau le rôle de remplaçant, un poste qu'il connaît bien chez Red Bull. Pour le Néo-Zélandais, c'est une nouvelle opportunité de briller aux côtés du triple champion du monde Max Verstappen, dans ce qui reste l'un des baquets les plus difficiles de la grille.
L'interrogation demeure désormais sur la présence d'Hadjar au Grand Prix d'Espagne à Madrid. Le pilote français suit scrupuleusement sa rééducation, conscient que précipiter son retour pourrait hypothéquer le reste de sa saison et, plus grave encore, sa carrière à long terme.
Grâce aux mots de Marc Márquez, le jeune Français semble avoir trouvé la sagesse nécessaire pour gérer cette épreuve. "Je crois qu'il a pris la bonne décision car il a une longue carrière devant lui", conclut le champion espagnol. Un investissement sur l'avenir qui pourrait s'avérer payant pour Red Bull et leur pépite française.