Le pick-up évolue et se met à l'électrique. Ford frappe fort avec son Ranger PHEV, une version hybride rechargeable qui pourrait bien bouleverser le segment des véhicules utilitaires en Europe. Retour d'expérience après un essai complet de ce mastodonte technologique.
Un pari plus judicieux que la version 100% électrique
Souvenez-vous du F-150 Lightning, le pick-up tout électrique que Ford a lancé outre-Atlantique en mai 2021. Une initiative audacieuse, mais peut-être trop précoce : la production s'est arrêtée en décembre 2025, victime d'un marché américain pas encore mûr pour l'électrification massive des utilitaires.
Pour l'Europe, Ford a choisi une approche plus pragmatique avec ce Ranger PHEV. Un compromis intelligent qui combine les avantages de l'électrification sans les contraintes d'autonomie d'un véhicule 100% électrique.
Design : discrétion et fonctionnalité
Les modifications esthétiques restent subtiles mais efficaces :
- Panneaux latéraux couleur carrosserie
- Double trappe de recharge (essence et électricité) côté droit
- Nouvelles jantes spécifiques
- Écran vertical géant de 30,5 cm à l'intérieur, surprenant pour un véhicule commercial
Une mécanique musclée : 280 chevaux et 697 Nm
Le cœur du système repose sur une architecture hybride sophistiquée. Ford a marié un moteur essence EcoBoost 2.3 litres avec un bloc électrique de 102 chevaux intégré dans la boîte automatique à 10 rapports. Le résultat ? Une puissance combinée de 280 chevaux et surtout un couple phénoménal de 697 Nm, un record pour un Ranger de série.
Malgré un poids conséquent de 2 586 kg, les accélérations sont franches et convaincantes. La transmission automatique offre un mode manuel, même si son utilisation via des boutons latéraux sur le levier manque de naturel comparé à des palettes au volant.
Capacités de charge et remorquage préservées
L'hybridation n'a heureusement pas sacrifié les qualités utilitaires du Ranger :
- Capacité de charge : 1 000 kg
- Capacité de remorquage : jusqu'à 3 500 kg
- Couple à bas régime optimisé pour tracter
- Freinage régénératif facilitant le contrôle en descente avec charge
Seul bémol : l'attelage reste manuel et particulièrement lourd à manipuler, alors que des véhicules de segments inférieurs proposent désormais des systèmes électriques.
Compétences tout-terrain intactes
Le Ranger PHEV conserve son ADN de baroudeur. Équipé d'une boîte de transfert et d'un blocage électronique du différentiel arrière, il propose une panoplie complète de modes de conduite : 4x2, 4x4, 4x4 Low, mais aussi des modes spécifiques (Normal, Eco, Sport, Remorquage, Charge lourde, Glissant, Boue-ornières et Sable).
Franchissements difficiles, passages à gué, traversées de terrains accidentés : le Ranger PHEV relève tous les défis avec brio, tout en arborant fièrement la vignette Crit'Air 0 qui lui ouvre les portes des zones à faibles émissions urbaines. Même si ses 5,37 mètres de longueur peuvent compliquer la circulation en ville.
Comportement routier : confort avant tout
Sur route, le Ranger PHEV privilégie le confort avec une suspension efficace (doubles triangles à l'avant, lames à l'arrière avec amortisseurs externes) adaptée à sa vocation utilitaire. Le revers de la médaille ? Un certain roulis en virage et une direction peu directe nécessitant trois tours de volant, avec une assistance perfectible.
Prix et équipement
La version Stormtrak essayée démarre à 44 510 euros hors remises gouvernementales. Un tarif qui inclut un équipement généreux : climatisation, phares Matrix LED ou encore pare-brise thermoélectrique.
Le verdict : 7,7/10
Disposer d'un véhicule de plus de 5 mètres, développant 280 chevaux, capable de tracter 3,5 tonnes tout en bénéficiant de la vignette Crit'Air 0, voilà qui ne court pas les routes. Le Ranger PHEV réussit le pari de l'hybridation sans compromis sur les capacités intrinsèques d'un pick-up professionnel.
Points forts : Vignette Crit'Air 0, capacités tout-terrain et utilitaires préservées, couple impressionnant
Points faibles : Direction perfectible, attelage manuel lourd