Alors que la Formule 1 s'apprête à reprendre après la trêve estivale, une anecdote fascinante refait surface sur les débuts de Fernando Alonso. Rob Smedley, l'un des premiers ingénieurs à avoir travaillé avec le double champion du monde espagnol, vient de révéler comment il a dû recourir à un mensonge pour ne pas se faire "voler" ce talent exceptionnel.
Un talent fulgurant dès la Formule 3000
Bien avant de devenir une légende de la F1, Fernando Alonso a dû faire ses armes dans les catégories inférieures. C'est en Formule 3000, au sein de l'écurie Astromega, que le pilote asturien a croisé la route de Rob Smedley, qui deviendra plus tard l'ingénieur de Felipe Massa chez Ferrari.
L'ingénieur britannique se souvient avec une précision étonnante de la première session d'essais du jeune Alonso. Dans le podcast "High Performance", Smedley raconte : "Il n'avait jamais piloté quelque chose avec une puissance ne serait-ce que proche, et lors de sa première séance avec la F3000, il a déjà égalé le temps du pilote numéro 1 de l'équipe réalisé avec des pneus neufs. Ce pilote était là depuis un jour et demi."
Une révélation immédiate au volant
Ce qui s'est passé ensuite a définitivement convaincu Smedley qu'il avait affaire à un futur champion du monde. Lorsque l'équipe a monté des pneumatiques neufs sur la monoplace d'Alonso, le jeune Espagnol a immédiatement gagné 1,5 seconde au tour.
La réaction de l'ingénieur fut sans équivoque :
- Constat instantané du talent exceptionnel du pilote
- Conviction qu'Alonso était destiné à la Formule 1
- Pressentiment qu'il deviendrait champion du monde
- Le tout après seulement une demi-journée d'essais
Cette prédiction, qui pouvait sembler audacieuse à l'époque, s'est révélée parfaitement exacte avec les titres mondiaux remportés par Alonso en 2005 et 2006 chez Renault.
Un mensonge stratégique pour préserver un trésor
Conscient d'avoir découvert une pépite, Rob Smedley a rapidement compris qu'il devait protéger son secret. Il craignait que si la direction de l'équipe réalisait l'immense potentiel d'Alonso, on ne le lui retire pour le confier à un ingénieur plus expérimenté, ou pire, qu'un grand écurie ne vienne le débaucher.
Lorsque ses supérieurs à l'usine lui ont demandé ce qu'il pensait du jeune pilote venu d'Oviedo, Smedley n'a pas hésité à ternir volontairement l'image de Fernando : "Quand ils m'ont demandé comment ça s'était passé, je leur ai dit : 'Il est bien... mais c'est un peu un connard'."
Cette petite manipulation a permis à l'ingénieur britannique de continuer à travailler au quotidien avec celui qui allait devenir l'un des plus grands pilotes de l'histoire de la F1.
De la F3000 à la légende de la Formule 1
Malgré cette tentative de discrétion, le niveau d'Alonso est rapidement devenu impossible à dissimuler. À seulement 19 ans, en 2001, il a fait ses débuts en Formule 1 chez Minardi, avant de rejoindre Renault sous la houlette de Flavio Briatore.
Aujourd'hui, à 43 ans et sous les couleurs d'Aston Martin, Fernando Alonso n'a plus besoin qu'on le cache. Le monde entier connaît ses capacités, et l'écurie britannique peut compter sur son engagement contractuel sans avoir besoin de recourir aux "petites ruses" utilisées par Rob Smedley à l'époque.
Cette anecdote illustre parfaitement à quel point le talent d'Alonso était évident dès ses premières heures en monoplace de haute performance, et comment ce talent a su convaincre immédiatement ceux qui ont eu la chance de le voir à l'œuvre en tout début de carrière.