Alcool au volant : la France vers un seuil quasi nul à 0,2 g/l - Villes et experts unanimes

Alcool au volant : la France vers un seuil quasi nul à 0,2 g/l - Villes et experts unanimes

• Martin Rochard • Actualités

La réforme majeure du code de la route français concernant l'alcoolémie au volant franchit une nouvelle étape décisive. Pere Navarro, directeur général de la circulation (DGT), a confirmé que le projet de loi visant à abaisser drastiquement le taux d'alcoolémie autorisé devrait être examiné cette semaine, soutenu par une coalition inédite d'acteurs majeurs.

Un consensus inédit autour de la tolérance zéro

Lors d'une conférence organisée avec la Fédération Espagnole des Municipalités et Provinces (FEMP) la semaine dernière, Pere Navarro a révélé l'ampleur du soutien dont bénéficie cette mesure. "La Fédération Espagnole des Municipalités et Provinces nous l'a demandé. Les municipalités de Madrid et de Barcelone nous l'ont également réclamé", a-t-il déclaré.

Cette convergence des grandes métropoles et des instances nationales marque un tournant dans la politique de sécurité routière. Le directeur de la DGT insiste sur la légitimité scientifique de cette approche : "Tous les experts le recommandent, nous suivons les préconisations de l'OMS et de la Commission Européenne".

Les nouveaux seuils : un changement radical en vue

Présentée en mars dernier, la proposition gouvernementale prévoit une modification substantielle des limites actuelles :

  • Taux sanguin : passage de 0,5 gramme par litre de sang à 0,2 gramme
  • Air expiré : réduction de 0,25 milligramme par litre à 0,1 milligramme
  • Impact pratique : une seule bière suffirait à dépasser la limite autorisée

Cette réforme concernerait l'ensemble des conducteurs, sans exception. Bien que techniquement fixée à 0,2 gramme par litre, cette mesure s'apparente dans les faits à une tolérance zéro.

Pourquoi ne pas descendre directement à 0,0 ?

Pere Navarro a justifié ce choix apparemment paradoxal lors d'une intervention sur Radio 5. "Le fait de ne pas descendre directement à 0,0 permet de laisser une marge pour éviter que certains processus gastronomiques puissent générer des faux positifs", a-t-il expliqué.

Cette précaution vise notamment à protéger les conducteurs qui pourraient présenter des traces infimes d'alcool dues à la fermentation d'aliments ou à l'utilisation de certains produits bucco-dentaires, sans avoir consommé de boisson alcoolisée.

Des modèles scandinaves comme référence

Pour étayer cette initiative, le directeur de la DGT cite les exemples nordiques qui font figure de pionniers en matière de sécurité routière. "En Norvège et en Suède, qui sont des références en sécurité routière, ces limites sont déjà appliquées", souligne-t-il.

L'Organisation Mondiale de la Santé recommande effectivement un taux de 0,2 gramme par litre de sang, considérant cette mesure comme une véritable tolérance zéro vis-à-vis de l'alcool au volant.

Une réforme globale pour protéger les usagers vulnérables

Cette annonce s'inscrit dans un cadre plus large de modernisation du règlement général de la circulation. Entré en vigueur le 1er octobre, ce nouveau texte introduit pour la première fois une définition précise de l'usager vulnérable de la voie.

Cette catégorie englobe désormais :

  • Les piétons et cyclistes
  • Les motocyclistes
  • Les utilisateurs de véhicules de mobilité personnelle (trottinettes, gyropodes)
  • Les mineurs, personnes âgées et personnes en situation de handicap

Cette évolution reflète une transformation profonde de l'approche de la mobilité ces vingt dernières années, passant d'une vision centrée sur la route et le véhicule à une philosophie plaçant les personnes et les environnements urbains au cœur des préoccupations.

Pere Navarro estime que cette mesure devrait être une source de fierté nationale, témoignant de la volonté du pays de s'aligner sur les standards internationaux les plus exigeants en matière de sécurité routière.

Partager :

Articles de la catégorie "Actualités"

Derniers articles publiés