Alors que l’industrie automobile s’oriente à marche forcée vers l’électrification, Aston Martin fait de la résistance. Lawrence Stroll, le bouillonnant chairman de la marque britannique, l’assure : les clients veulent encore des motorisations traditionnelles. Et il compte bien les satisfaire, comme il nous l’a confié lors d’une interview exclusive à New York.
La Valhalla hybride en guise de transition
Certes, Aston Martin n’échappe pas totalement à la tendance. Le constructeur de Gaydon s’apprête ainsi à lancer sa première voiture électrifiée, l’hypercar à moteur central Valhalla. « Nous commencerons à livrer la Valhalla à la fin du 4ème trimestre de cette année », précise Lawrence Stroll. « Ce sera notre premier véhicule hybride rechargeable ».
Mais pour le reste, les ambitions 100% électriques ont été sérieusement revues à la baisse. Il y a encore 2 ans, Aston Martin prévoyait une gamme entièrement électrifiée d’ici 2030, avec même la création d’une sous-marque futuriste baptisée Lagonda. C’est désormais de l’histoire ancienne.
Les véhicules électriques repoussés à 2026
La faute à un manque d’appétence des clients pour le 100% électrique, selon le dirigeant. « Nous avons développé une plateforme pouvant accueillir 4 véhicules électriques : un GT, une supercar, un crossover et un SUV », détaille-t-il. « Nous devions lancer le premier dès 2025, puis un nouveau chaque année. Mais nous avons décalé d’un an à cause de l’absence de demande. »
Résultat, le premier véhicule électrique d’Aston Martin n’arrivera pas avant 2026 au plus tôt. D’ici là, la marque compte surfer sur un regain d’intérêt inattendu pour l’hybridation, comme l’explique Lawrence Stroll. De nouveaux modèles hybrides sont ainsi prévus « très bientôt » pour compléter la Valhalla.
Un V12 de 850 ch dans les cartons
Mais c’est surtout du côté des moteurs 100% thermiques que le cœur de Lawrence Stroll balançe. Il l’assure : Aston Martin n’a « absolument pas l’intention d’arrêter de produire des moteurs à combustion ». Et ce, en dépit du durcissement des normes antipollution en Europe et ailleurs.
La marque travaille ainsi sur un tout nouveau moteur 12 cylindres développant la bagatelle de 850 chevaux ! Ce bloc sera intégré à la future remplaçante de la DBS. De quoi faire pâlir les supercars électriques les plus puissantes du moment. Les petits volumes d’Aston Martin lui permettront de poursuivre l’aventure thermique malgré les restrictions.
Le retour de la boîte manuelle ?
Ce V12 pourrait aussi animer des modèles « spéciaux » développés pour des clients fortunés, à l’image de la récente et spectaculaire Valour. Et surprise : Lawrence Stroll n’exclut pas d’associer ce moteur à une… boîte manuelle ! Un sacrilège à l’heure de l’électrification à tout va.
« Les passionnés, les « petrolheads », réclament ce retour aux sources », s’enthousiasme le dirigeant. « C’est tout le contraire de la tendance à l’électrique. Nous étudions très sérieusement cette piste ». La preuve que chez Aston Martin, on écoute les clients avant de suivre les modes. Quitte à nager à contre-courant !
Vous l’aurez compris, Lawrence Stroll croit dur comme fer en l’avenir des motorisations thermiques chez Aston Martin. Tout en préparant l’avenir électrique, avec pragmatisme et sans se précipiter. Une stratégie payante ? Réponse dans quelques années. D’ici là, les puristes ont encore de belles mécaniques à se mettre sous la dent chez Aston !
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