Le retour de Lancia sur le devant de la scène automobile européenne s'accompagne d'une surprise de taille : l'Ypsilon HF, une version électrique survitaminée qui ravive la flamme des mythiques sportives italiennes. Nous avons pris le volant de cette citadine de 280 chevaux qui divise autant qu'elle fascine.
Renaissance d'une légende turinoise
Depuis l'annonce du plan de relance de Lancia par Stellantis en 2023, les passionnés attendaient un signal fort. La marque fondée en 1906 à Turin ne survivait plus qu'avec un unique modèle, l'Ypsilon, vendu exclusivement en Italie. Pourtant, cette troisième génération lancée en 2011 continuait de séduire les automobilistes transalpins, se hissant régulièrement au sommet des ventes.
La quatrième génération débarquée en 2024 propose deux motorisations : hybride et 100% électrique. Mais c'est la déclinaison HF qui fait sensation, ressuscitant un sigle mythique porté autrefois par le Stratos HF, le Delta Integrale HF ou encore le 037 Stradale.
Un design qui claque, un poids qui coince
Visuellement, l'Ypsilon HF ne laisse aucun doute sur ses ambitions sportives :
- Boucliers surdimensionnés à l'avant et à l'arrière
- Généreux diffuseur arrière
- Jantes de 18 pouces au design agressif
- Voies élargies de 30 mm
- Suspension rabaissée de 20 mm
- Badges HF accompagnés de l'iconique éléphant Lancia
L'intérieur rend également hommage au passé glorieux avec des sièges baquets d'une seule pièce, partiellement recouverts de bleu, directement inspirés du Delta HF Integrale. Confortables et enveloppants, ils maintiennent parfaitement le corps dans les virages serrés.



Le bémol ? Un poids de 1 556 kg pour seulement 4,08 mètres de long. Une masse conséquente qui trahit la nature électrique du véhicule et s'éloigne de la philosophie légèreté qui a fait la réputation sportive de Lancia.
Des performances électrisantes
Sous le capot, un moteur électrique délivre 280 chevaux et 345 Nm de couple instantané. Le 0 à 100 km/h s'expédie en 5,6 secondes, des chiffres dignes d'une authentique sportive. En ligne droite, l'Ypsilon HF impressionne par ses accélérations franches.
Mais c'est en courbe que les ingénieurs ont concentré leurs efforts :
- Différentiel autobloquant de type Torsen
- Rigidité de la barre stabilisatrice avant augmentée de 63%
- Rigidité de la barre stabilisatrice arrière renforcée de 153%
- Freinage Alcon avec étriers monoblocs à quatre pistons et disques de 355 mm à l'arrière
La tenue de route se révèle exemplaire, la caisse restant plate même dans les enchaînements rapides. Toutefois, la fermeté de la suspension pénalise le confort au quotidien, rendant l'auto peu recommandable pour un usage exclusivement urbain.
Point noir : le ressenti à la pédale de frein, avec une première partie de course sans réelle action de freinage.
Autonomie et prix : les compromis de l'électrique
La batterie de 54 kWh promet officiellement jusqu'à 373 kilomètres d'autonomie avec les pneumatiques standards. En usage réel, avec une consommation de 20,5 kWh aux 100 km, l'autonomie descend à environ 293 kilomètres. En conduite sportive, la consommation peut grimper à 30 kWh/100 km.
Des Michelin Pilot Sport Cup 2 sont proposés en option pour ceux qui privilégient la performance pure au détriment de l'autonomie.
Côté tarification, l'Ypsilon HF démarre à 42 335 euros, un positionnement premium pour cette citadine électrique sportive.
Le verdict : hommage réussi mais nostalgie tenace
Par son style et son comportement routier, cette Ypsilon HF rend un bel hommage aux glorieuses sportives qui ont forgé la légende Lancia. L'adoption d'un différentiel autobloquant constitue même un choix technique audacieux et bienvenu.
Reste que pour les puristes, l'absence de mélodie mécanique et de montée en régime d'un moteur thermique crée un vide émotionnel difficile à combler. L'Ypsilon HF est indéniablement une vraie sportive électrique, mais elle ne peut reproduire cette alchimie viscérale qui caractérisait ses illustres ancêtres.
Un paradoxe moderne : techniquement impressionnante, émotionnellement en demi-teinte.