L'arrivée du Ferrari F80 Luce, premier véhicule 100% électrique de la marque au cheval cabré, a provoqué une véritable onde de choc dans le monde automobile. Alors que la Scuderia a pris son temps avant de se lancer dans l'électrification totale, la question se pose : ce SUV italien peut-il rivaliser avec des modèles déjà éprouvés comme le redoutable Porsche Taycan Turbo GT ?
Deux philosophies, une même quête de performance
Face à face, ces deux titans électriques incarnent des approches distinctes. D'un côté, Ferrari propose son premier SUV électrique cinq places, un choix audacieux pour une marque historiquement dédiée aux sportives pures. De l'autre, Porsche perfectionne sa berline électrique avec la déclinaison la plus radicale du Taycan. Pourtant, ces deux modèles partagent un ADN commun : zéro émission et performances maximales.
Le choc des styles : tradition contre innovation
Le Porsche Taycan Turbo GT ne souffre d'aucune contestation esthétique. Ses lignes épurées et sa silhouette reconnaissable entre mille correspondent exactement à ce qu'on attend d'une Porsche électrique. Le design a fait ses preuves et conserve une élégance intemporelle.
Le Luce, en revanche, déchaîne les passions. Sur les réseaux sociaux, les réactions ont été virulentes. Ferrari a voulu créer une rupture stylistique pour différencier clairement ses modèles thermiques de son univers électrique. Pari risqué : beaucoup y voient un manque d'identité typiquement Ferrari, hormis quelques détails comme les blocs optiques arrière. Certains observateurs n'hésitent pas à comparer son apparence à celle de constructeurs chinois, ce qui constitue une critique sévère pour la marque de Maranello.



Gabarit et praticité : avantage au SUV
Les différences de format sont évidentes. Le Ferrari Luce affiche des mensurations généreuses avec 5,03 mètres de long, 1,99 mètre de large et 1,54 mètre de haut, pour un empattement de 2,96 mètres. Premier Ferrari de série à cinq places réelles avec quatre portes, il propose un coffre conséquent de 597 litres. La balance accuse 2 260 kg, un poids substantiel mais maîtrisé.
Le Taycan Turbo GT se montre plus compact : 4,97 mètres de long, 2,00 mètres de large et seulement 1,38 mètre de haut. Son empattement de 2,90 mètres et sa silhouette basse de berline sportive lui confèrent une allure plus agressive. Paradoxalement, il se révèle plus lourd avec 2 365 kg sur la balance. Son coffre de 326 litres seulement trahit sa vocation de pure sportive.
La guerre des kilowatts
Ferrari frappe fort avec une architecture révolutionnaire : quatre moteurs électriques indépendants, un par roue, développant 1 050 chevaux (772 kW) et 990 Nm de couple. Les performances annoncées sont vertigineuses : 0 à 100 km/h en 2,5 secondes, 200 km/h atteints en 6,8 secondes, et une vitesse maximale dépassant 310 km/h.
La batterie de 122 kWh offre plus de 530 kilomètres d'autonomie. En charge rapide, elle accepte jusqu'à 350 kW, permettant de récupérer 70 kWh en seulement 20 minutes.
Porsche répond avec une configuration à quatre roues motrices plus conventionnelle mais redoutablement efficace. La puissance de base atteint 789 chevaux (580 kW), portée à 1 034 chevaux (760 kW) avec le Launch Control. La fonction overboost libère même 1 108 chevaux (815 kW) pendant deux secondes.
Équipé du pack Weissach, le Taycan Turbo GT expédie le 0 à 100 km/h en 2,2 secondes seulement et atteint 200 km/h en 6,4 secondes. Vitesse de pointe : 290 km/h. Sa batterie de 105 kWh homologue jusqu'à 555 kilomètres d'autonomie et supporte 320 kW en charge rapide, passant de 10 à 80% en 18 minutes.
Le prix de l'exclusivité italienne
C'est probablement le point le plus polémique. Le Ferrari Luce démarre à 550 000 euros, un tarif stratosphérique qui a fait couler beaucoup d'encre. Les rumeurs évoquant ce demi-million d'euros semblaient exagérées, mais la réalité les a dépassées.
Face à lui, le Porsche Taycan Turbo GT paraît presque accessible avec ses 249 409 euros. Un écart abyssal qui pose inévitablement question.
Verdict : la raison contre le prestige
Le Ferrari Luce vaut-il réellement plus du double du Taycan Turbo GT ? Sur le papier, l'italien dispose d'une batterie plus généreuse, d'une charge plus rapide, d'une puissance supérieure et d'une polyvalence accrue grâce à son format SUV.
Pourtant, l'allemand surpasse son rival en performances pures, affiche une meilleure autonomie, et coûte moitié moins cher. Avec le budget d'un Luce, on pourrait acquérir deux Taycan Turbo GT et les alterner selon son humeur. Pour les passionnés recherchant le meilleur rapport performance-prix dans l'électrique haut de gamme, le choix semble évident. Mais pour ceux qui veulent absolument un Ferrari électrique, aussi controversé soit-il, le Luce reste unique.